C’est quoi la permaculture ?

C’est quoi la permaculture ?

C’est difficile de trouver une définition de la permaculture car ce n’est pas quelque chose de figé.
Ce n’est pas une doctrine. Ce n’est pas une recette à appliquer partout. Ce n’est pas une science non plus. Avant tout je dirais que c’est l’art de l’adaptation.

Elle requiert une bonne connaissance de nombreux domaines qui sont habituellement séparés dans notre société moderne. La permaculture prend en compte tous les éléments d’un système, dans leurs interactions globales (macro) et leur fonctionnement propre (micro). C’est une discipline holistique, une gestion de l’ensemble.
La définition la plus concise que j’ai pu formuler est celle-ci :

« La permaculture est la conception d’écosystèmes permettant de pourvoir à tous les besoins humains en allant dans le sens de la nature et non à son encontre. »

Tout le mode de production actuel a bénéficié de l’appui des énergies fossiles et de la croyance en une croissance infinie. Ce système a montré ses limites au cours des dernières années et nous pensons qu’il est temps d’opérer un changement de cap. Ecovirage, ce n’est pas un demi-tour pour revenir à la paysannerie du XIXe siècle, mais une transition vers une nouvelle organisation territoriale, en tirant parti bien évidemment des savoirs traditionnels (qui ont fait preuve de leur efficacité à une époque qui n’était pas perfusée aux hydrocarbures et à la mondialisation), mais aussi de la science la plus moderne qui nous permet un maximum d’efficacité, que ce soit dans la production alimentaire et énergétique, mais également dans les sciences sociales.

En effet la permaculture ne s’arrête pas au maraîchage, loin de là ! On parle bien de pourvoir aux besoins humains dans leur ensemble, et cela comprend le logement, l’éducation, la culture, le transport, la politique… La permaculture peut s’appliquer à tous les domaines dès lors qu’on essaye de mettre en relation les éléments d’un système dans un but d’efficience et de résilience, dans le respect de l’homme et de la nature.

 

AUTONOMIE ET RÉSILIENCE

 

Ces deux points reviennent constamment dans la réflexion permaculturelle.

  • L’autonomie est la capacité à subvenir à ses propres besoins (pour un individu, une communauté, une nation…). Il ne faut pas la confondre avec l’autarcie, qui fonctionne en vase clos (on subvient à ses besoin mais sans aucun échange extérieur). On peut être autonome et pratiquer l’échange ou le commerce, mais on n’en dépend pas.
  • La co-dépendance, c’est s’inscrire dans un système d’échange où l’on produit une partie de ce qui est nécessaire à une communauté et on échange notre production contre ce qui nous manque et qui est pourvu par les autres acteurs (dans un village traditionnel, les habitants sont co-dépendants entre eux mais le village est autonome).
  • La résilience, c’est la capacité d’un système à revenir à son état d’équilibre après une perturbation. Notre société moderne n’est absolument pas résiliente car elle ne saurait pas faire face efficacement à une rupture de l’approvisionnement en pétrole ou en électricité par exemple. Pour obtenir la résilience, la permaculture propose cette formulation : « chaque élément doit assurer plusieurs fonctions, et chaque fonction doit être assurée par plusieurs éléments ».

En règle générale, on considère que la diversité assure la résilience. Par exemple, une parcelle agricole en monoculture est davantage menacée par les ravageurs ou les maladies qu’un jardin où pousse une grande variété de cultures. De même, mélanger des espèces végétales sur plusieurs étages (la canopée, les petits arbres, arbustes, plantes potagères, le couvert végétal, on peut faire 7 strates), est une technique permettant de limiter l’agression du soleil, du vent, du froid, et l’évaporation, et donc d’obtenir de meilleures cultures.

Sur un territoire, la résilience est assurée par la capacité de production des ressources de base et leur disponibilité. Nous encourageons donc les micro-fermes locales et l’organisation horizontale de tous les acteurs du changement afin que la population ait un accès facile aux produits de base en cas de difficulté.

 

S.

 

 

 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

AUTRES ARTICLES

Bien débuter : les graines

Chaque printemps, les jardiniers amateurs se ruent dans les jardineries pour acheter des petites plaquettes qui valent de l'or : ce sont de jeunes plants qui, une fois plantés dans la bonne terre, produiront de beaux légumes. Ceci dit, faire soi-même ses plants permet...

Confinement : commencer son potager à 0€ et sans jardin !

En ces temps troublés qui nous rappellent l’importance des gestes les plus simples, et du caractère fragile de choses que l’on croyait acquises… vous êtes nombreux à parler de commencer un potager, et c’est vrai que c’est le moment idéal ! Mais avec les restrictions...

Vous avez aimé cet article ?

Aidez-nous en le partageant sur les réseaux !